Aujourd’hui, je poursuis le récit de mes pérégrinations sur la voie du Mot Juste avec un grand M et un grand J.
La semaine dernière, on a vu deux premières pistes (ici, pour ceux qui ont raté le début).
Piste n° 3 – Le dictionnaire combinatoire
Toute une catégorie de dictionnaires dont je n’avais jamais entendu parler encore récemment : les dictionnaires combinatoires, les dictionnaires descooccurrences ou des concordances. Kézako ? Ces dicos recensent simplement toutes les expressions utilisant un même mot.
Ainsi, à la rubrique « four », on trouve « baisser le four », « faire noir comme dans un four », « mettre au four » et « repasser au four ».
Mon choix s’est porté sur le Dictionnaire combinatoire du français de Henri Zinglé et Marie-Louise Brobeck-Zinglé, sur les bons conseils de Jacques Desrosiers (@desrosiers_j sur Twitter).
Mais il existe d’autres dictionnaires de ce genre. Dans ce sens, j’ai apprécié cet article de la Revue française de linguistique appliquée qui compare entre autres leDictionnaire des cooccurrents de Beauschene et leLexique Actif du Français de Mel’cuk et Polguère.
En pratique, il ne m’a pas encore été très utile. Comme dans l’ouvrage Trouver le mot juste, il arrivait parfois que je ne trouve pas le mot que je cherche.
D’autre part, j’ai trouvé cette limitation à un seul mot relativementcontraignante. Si je prends la peine d’ouvrir un dictionnaire papier pour chercher un terme, c’est plus souvent parce que j’ai besoin d’autres pistes qu’un simple mot.
Je n’ai pas encore eu ce cas, mais il pourra m’arriver ultérieurement de rechercher une expression comportant un mot très spécifique, ne pouvant être remplacé par aucun autre. Dans ce cas, en effet, le dico combinatoire sera sans égal. Donc le bilan est positif, mais il devra encore faire ses preuves pour moi.
À noter en info de dernière minute : la Maison du dictionnaire vient de sortir une version compacte du Dictionnaire combinatoire de Zinglé, sensiblement moins chère que la version de base. On peut même en avoir un aperçu.
Piste n°4 – Le thésaurus
J’avoue que la nuance entre thésaurus et dictionnaire analogique me sembleencore assez floue. Cependant, je dois avouer que pour moi, c’est le grand vainqueur, l’ouvrage qui s’est fait une petite place sur ma table de travail déjà bien chargée et qui ne la quittera pas de sitôt.
J’ai trouvé d’occasion, pour environ une dizaine d’euros, le Thésaurus, Des idées aux mots, des mots aux idées, sous la direction de Daniel Péchoin chezLarousse. Et là, ça a été la révélation.
J’en avais déjà usé et abusé quelques heures après son acquisition, car je travaillais sur un projet d’adaptation requérant une certaine créativité lexicale. À chaque fois, j’y ai trouvé le mot que je cherchais, et grâce aux pistes proposées, j’avais vraiment l’impression de trouver exactement le mot qu’il me fallait. Le mot auquel j’aurais aimé penserdu premier coup.
Les mots y sont donc groupés par notions à l’intérieur desquelles on trouve divers mots classés selon leur catégorie grammaticale. Ainsi, comme le disait Susan Bernofsky dans son article, si on est sur un verbe et qu’on cherche un substantif correspondant, c’est idéal.
Un index alphabétique permet de savoir dans quelle notion faire sa recherche. Ainsi, en cherchant « Tête », je suis renvoyée à une rubrique dans la catégorie « Le corps », à l’intérieur de la grande partie « L’homme » (il y en a deux autres : le monde et la société), et j’y trouve une pléthore de noms, verbes et adjectifs, tous se rapportant au chef, à la boule, la caboche, le ciboulot, la citrouille, enfin bref, vous voyez ce que je veux dire.
Voilà un outil qui améliore mon travail au quotidien. Je trouve chaque mot que je cherche, et grâce à ses pistes, il m’emmène même au-delà de mes connaissances, il me donne accès à des registres auxquels je n’aurais peut-être pas songé si je n’avais pas regardé ses listes de mots.
Sur cette belle trouvaille s’achève la deuxième partie de ma quête. Lasemaine prochaine, je vous parlerai des quelques autres ouvrages de référence que j’ai trouvés au fil de mes recherches. Là, il sera question decorrection de l’expression plutôt que de justesse de sens, encore que ces deux éléments soient étroitement liés.
Et vous, chers lecteurs, des trucs, astuces, secrets, farces et attrapes lexicales à partager ?
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