Il y a peu, pour un jeu vidéo, j’ai eu à traduire de l’anglais un texte qui, à peu de choses près, ressemblait à ça :
Ubalubice wubas bubegubinnubing tubo gubet vuberuby tubired ubof subittubing buby huber subistuber ubon thube bubank, uband ubof hubavubing nubothubing tubo dubo: ubonce ubor twubice shube hubad pubeeped ubintubo thube bubook huber subistuber wubas rubeadubing, bubut ubit hubad nubo pubictubures ubor cubonvubersubatiubons ubin ubit, “uband whubat ubis thube ubuse ubof uba bubook,” thubought Ubalubice, “wubithubout pubictubures ubor cubonvubersubatiubons?”
Subo shube wubas cubonsubiduberubing, ubin huber ubown mubind (ubas wubell ubas shube cubould, fubor thube hubot dubay mubade huber fubeel vuberuby slubeepuby uband stubupubid), whubethuber thube plubeasubure ubof mubakubing uba dubaisuby-chubain wubould bube wuborth thube truboububle ubof gubettubing ubup uband pubickubing thube dubaisubies, whuben subuddubenluby uba Whubite Rubabbubit wubith pubink ubeyes ruban clubose buby huber.
Hum, voilà qui est intéressant se dit-elle, le regard interrogateur.
Quelques recherches affûtées plus tard, je découvre qu’il s’agit d’une sorte de gibberish, l’Ubbi dubbi. Une langue imaginaire, notamment utilisée par les enfants pour parler de toutes sortes de choses sans se faire comprendre des autres (surtout des adultes). Le concept est simple : on ajoute « ub » avant chaque voyelle.
Je n’ai pas choisi le texte ubbi-dubbifié par hasard, vous l’aurez remarqué. C’est le célèbre incipit des Aventures d’Alice au pays des merveilles de sieur Lewis Carroll, l’illustre auteur du grand poème en nonsense verse, Jabberwocky. Je ne résiste pas au plaisir d’en copier la première strophe. 23 mots qui ont donné du fil à retordre à pas mal de traducteurs.
Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.
Dans un prochain billet, je vous parlerai des possibilités existantes en français. En attendant, les nonsense, Ubbi dubbi et autres gibberish sont les bienvenus dans les commentaires.
À demain.
Image de jackieleigh

Je me souviens d’un camarade de lycée qui s’était mis à parler en « javanais » avec son meilleur ami pour éviter que les adultes ne les comprennent. Lors d’un repas de famille, il pose une question à son meilleur ami en javanais, c’est sa mère qui lui répond. Le javanais était l’argot à la mode quand elle-même avait vingt ans…
Bel exemple d’arroseur arrosé ! Merci d’avoir partagé ça ici 🙂 C’est un peu comme ceux qui à l’étranger s’imaginent que personne ne comprend ce qu’ils racontent… Ils ont parfois droit à de belles surprises.